Sifu & lignée

师父刘奔 Sifu Benjamin Colussi

La quête du Kung Fu est l’histoire de ma vie.

J’ai longtemps cherché le style et le maître, l’un étant indissociable de l’autre. L’un incarnant l’autre.

Fasciné par la dextérité qu’une telle pratique représente mais aussi des valeurs qu’elle génère et qui sont à l’aube de la construction de l’homme: La ténacité, le gout du travail, la recherche de l’excellence, l’honneur, le courage, la bienveillance.

Mes pérégrinations m’ont mené à Foshan où je suis devenu successivement disciple de Sifu Chan Yau Man, Sifu Lao Wei Kei et de Sifu Lao Wei San. J’entretiens avec Lao Wei San un rapport rare et c’est ainsi qu’il m’a désigné son héritier.

Transmettre, c’est faire perdurer, honorer et surtout insuffler le feu sacré de la pratique. C’est ainsi que j’ai ouvert mon école en 2011 en la nommant « Lao Wei San Pak Mei », le nom de mon maître et le nom du style.

La salle est dédiée à la pratique et se trouve en plein cœur de Paris.

Comme tout art, le temps et la discipline sont des mots clés pour acquérir un niveau.

Le Pak Mei est un art martial sophistiqué et rare. D’une grande renommée et pour autant il est caché et empreint du secret.

Faire rayonner le Kung Fu et sa culture a toujours été mon ambition que ce soit par le niveau de mes disciples, la qualité de nos danses de lion, la culture étant indissociable de l’art, que par mes diverses démonstrations, conférences… comme à Bercy en 2018, où je casse une brique de 4,5 cm avec les phalanges repliées pour démontrer l’efficacité de cette frappe méconnue.

Quand Sloclap m’a contacté pour être l’inspiration du personnage principal, le chorégraphe des combats et le référent culture Kung Fu du jeu vidéo « SIFU », j’ai accepté. Le succès mondial et la manière dont la Chine a reçu le jeu m’émeut particulièrement.

Je fais une distinction tranchée entre l’art martial, le Pak Mei, sa transmission et ma démarche créative que je nomme « l’art des mains foudroyantes ».

Être l’héritier d’un maître comme Lao Wei San est quelque chose de particulier et s’est pourquoi je transmets selon les codes qui m’ont été transmis pour honorer sa volonté, son exigence et être garant du maintien de ce niveau d’excellence tout en proposant mon propre Kung Fu qui est l’expression de ma personnalité et de mes choix martiaux : ma vision.

Benjamin Colussi / 刘奔

师公刘伟基 Sigong Lao Wei Kei

Sigong Lao Wei Kei est le fils ainé et successeur de Taisiye Lao Siu Leung. Il enseigne le Kung Fu Pak Mei traditionnel dès 1978 et ouvre en 2003 son école de Kung Fu qu’il nomme en hommage à son père “le mémorial de Lao Siu Leung”.

Très proche de son frère Lao Wei San, il partage avec ce dernier la passion du Kung Fu et la volonté de perpétuer le Pak Mei de leur père.

师公陈幼民 Sigong Chan Yau Man

Sigong Chan Yau Man fut l’un des premiers disciples de Lao Siu Leung et un des seuls à être reconnu Sifu par celui-ci. Très sollicité, Sigong Chan Yau Man n’a accepté d’enseigner le Kung Fu Pak Mei qu’à très peu de disciples.

Sigong Chan Yau Man était avant tout un maître de danse de lion. Sa troupe de danseurs a remporté à deux reprises les championnats de Chine de danse de lion et réalisait chaque jour une démonstration à la mémoire de Wong Fei Hung (célèbre maître de Kung Fu et médecin émérite) dans le temple Ancestral de Foshan.

La renommée des danses de lions de Sigong Chan Yau Man s’étendait au delà de la région de Foshan, au reste de la Chine et sur la scène internationale. Sa troupe a ainsi été invitée à se produire lors des Jeux Olympiques de Pékin en 2008 et à représenter la culture chinoise dans de nombreux pays comme le Japon, la Corée, la Thaïlande, les Emirats Arabes et la France.

Sigong Chan, nous a quitté en mars 2019.

太师爷刘少良 Tai Siyé Lao Siu Leung

Natif de Foshan, Tai Siyé Lao Siu Leung a appris le Pak Mei dans la ville de Canton où il vécut une partie de sa vie avant de revenir dans sa ville natale pour enseigner le Kung Fu en 1965.

Rapidement, Tai Siyé Lao Siu Leung se fait remarquer par l’efficacité de son style et son niveau exceptionnel si bien que de nombreux pratiquants d’autres styles d’arts martiaux ont cherché à devenir ses disciples.

Pendant la révolution culturelle, il a été contraint d’enseigner son art en cachette sous peine d’être emprisonné comme la plupart des maîtres de Kung Fu de l’époque. Il a alors transmis l’intégralité de son savoir et de sa pratique à ses deux fils, Lao Wei Kei et Lao Wei San, lesquels ont pris sa succession à sa mort en 1977.

Aujourd’hui encore à Foshan, Tai Siyé Lao Siu Leung reste un maître célèbre dont on loue le niveau extraordinaire, la rigueur et l’équité.

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